Dans le monde d’aujourd’hui nous nous sommes habitués à avoir des résultats rapides de nos actions. La question de choisir une thérapie brève ou une thérapie en profondeur peut naturellement se poser.
Une thérapie implique inévitablement un investissement financier et de temps. L’envie d’avoir un “retour rapide sur son investissement” est légitime.
Pourtant, l’être humain ne “fonctionne” pas de cette façon. Nous avons vécu des dizaines d’années avec une certaine façon de voir la vie, une certaine façon de se voir et de voir les autres. Obtenir des résultats, c’est-à-dire, se sentir vraiment soi-même, retrouver le sens de sa vie, et voir ses relations se modifier, nécessite inévitablement un temps relativement long.
Par exemple, une personne a vécu son adolescence et une partie de sa vie d’adulte en ayant une mauvaise image d’elle, une impression de ne pas pouvoir être elle-même. Dans une thérapie elle va peu à peu apprendre à se connaitre, retrouver des sensations agréables, mettre des mots sur ses émotions. Puis commencer à comprendre comment ses premières relations, celles qu’il a eu avec ses parents ou les personnes qui l’ont éduqué influencent ses relations actuelles. Et enfin, une fois cette prise de conscience effectuée, commencer à pouvoir créer de vraies relations, dans lesquelles elle peux exister pleinement, entièrement, sans se soucier de ce que l’on pense d’elle, sans se juger elle-même par rapport aux autres.
Alors, s’engager dans une thérapie brève est-il un mauvais choix ? Je ne le pense pas. Ce type de thérapie peut très bien convenir à un moment de la vie. Elle permet déjà, et c’est essentiel, de commencer à prendre du temps pour soi, de prendre un peu de recul sur sa vie. Elle peut aussi dynamiser et développer la partie de nous qui “va bien”.
En revanche, ces thérapies risquent de faire l’impasse sur les parties de nous qui ne vont pas bien. Nos souffrances, nos parties blessées, nos “mauvaises pensées” ne seront pas explorées. C’est ici la limite de ces thérapies, car l’être humain est un tout. Un ensemble de parts qui doivent être écoutées, dont les besoins doivent être entendus pour pouvoir se sentir apaisé de l’intérieur.
Si l’on prend l’exemple des émotions, lorsque nous évitons de ressentir la tristesse, nous nous protégeons pour ne pas ressentir cette émotion. Mais en réalité nous bloquons surtout le fait même de ressentir. Il n’est (malheureusement) pas possible pour l’homme de bloquer de façon sélective une émotion précise. En bloquant la tristesse, nous bloquons dans le même temps toutes les autres émotions. Autrement dit, il n’est pas possible d’accéder à la joie (la vraie joie profonde), si nous ne pouvons pas accéder à la tristesse.
Nous comprenons donc maintenant que l’exploration de nos parties sombres et blessées est essentielle pour comprendre l’entièreté de ce que nous sommes. C’est exactement le processus qui se déroule dans une thérapie en profondeur par l’Analyse Psycho-Organique.