Dans mon cabinet j’entends souvent mes patients me parler de ce qui est négatif ou positif dans leur vie. Je leur demande alors de détailler ce qu’ils entendent par ses deux termes, car ils sont bien trop ambigus.
Tout d’abord, la notion de positif et de négatif, fait appel au jugement, cela revient à dire ce qui est “bien” et ce qui est “mal”. Le problème est qu’il s’agit très souvent du jugement extérieur à vous-même, un jugement venant des autres, de la famille, de la société, auxquels on accorde beaucoup trop d’importance. Très souvent cela créé un réflexe de comparaison plus ou moins consciente avec les autres. Il est donc préférable de ne pas utiliser ces deux termes.
Ensuite, il peut effectivement s’agir d’un jugement sur soi-même, or là aussi rien que le fait de juger une partie de soi-même pose problème, car cela nous empêche de l’accepter telle qu’elle est. Par exemple, si une situation familiale me pose des problèmes, je vais certainement ressentir des émotions, comme la colère ou la tristesse, mais si d’emblée je juge ces émotions comme négatives, je vais préférer ne pas les ressentir, et me concentrer sur ce qui est “positif”.
Comment faire autrement ? Et bien, il s’agit de nommer précisément ce qui se passe à l’intérieur de nous-même. C’est à dire, qu’au lieu de qualifier, de juger quelque chose comme négatif, je m’attache à sentir réellement ce qui se passe dans mon corps. Je peux par exemple ressentir de la tristesse, je la sens à ce moment-là dans la poitrine, puis je ressens aussi de la colère, dans le dos et dans la gorge. Bien-sur il est très probable que ces émotions ne soient pas agréables à vivre, mais au lieu de dire que ces émotions sont négatives, je vais dire qu’elles sont désagréables, douloureuses, qu’elles me font souffrir. Cela a peut-être l’air d’un détail et pourtant cela change complètement le rapport à soi-même. Ce n’est plus la tête qui décide que c’est négatif, mais le corps qui ressent quelque chose. C’est la première étape pour être vraiment qui l’on est.